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UN PEU D'HISTOIRE
UN TERRITOIRE STRATÉGIQUE
La situation géographique de Lacolle a profondément façonné son histoire. Situé près de la frontière américaine et traversé par les rivières Richelieu et Lacolle, le territoire se trouve sur un important corridor naturel reliant le lac Champlain à la vallée du Saint-Laurent et à Montréal.
Bien avant l’aménagement des routes modernes, les cours d’eau facilitaient le déplacement des personnes, des marchandises et des forces militaires. La région est ainsi devenue un territoire stratégique au moment de la guerre de 1812 entre les États-Unis et l’Empire britannique.
Des soldats britanniques, des miliciens canadiens et des guerriers autochtones, notamment mohawks, ont participé à la défense de cette voie d’accès vers Montréal. Les rivières, les moulins et les fortifications de la région témoignent encore de cette période mouvementée.
Aujourd’hui, le Richelieu offre un paysage paisible. Pourtant, ses rives racontent une histoire de circulation, de commerce, de rencontres et de conflits qui a contribué à façonner tout le sud du Québec.
DES PATRIOTES AU CHEMIN DE FER
L’histoire de Lacolle ne s’arrête pas à la guerre de 1812. En novembre 1838, la région a été le théâtre de la bataille d’Odelltown, l’un des derniers affrontements de la rébellion des Patriotes. Des insurgés qui souhaitaient mettre fin au régime colonial britannique y affrontèrent des volontaires loyalistes. Un monument situé près de l’église d’Odelltown rappelle aujourd’hui cet épisode.
Quelques années plus tard, le territoire est entré dans une nouvelle période de développement. L’arrivée du chemin de fer, en 1851, a facilité le transport des voyageurs, du bois, des produits agricoles et des marchandises. Des moulins, des commerces et différentes industries se sont établis autour des voies de communication.
La gare inaugurée en 1930 témoignait également du rôle de Lacolle comme porte d’entrée au Canada. Située près de la frontière américaine, la municipalité a longtemps été un lieu de passage important pour les voyageurs, le commerce et l’immigration.
Lacolle porte ainsi les traces de plusieurs époques : territoire agricole, lieu de batailles, village industriel et carrefour frontalier.
LACOLLE, ENTRE PRIÈRES ET PÉCHÉS
Au début du 20e siècle, le Québec vit sous l’emprise morale de l’Église catholique qui prêche la tempérance et condamne les jeux de hasard. Les lois les interdisent, mais leur application demeure… élastique.
Jeux clandestins et contrebande d’alcool se côtoient dans un même univers souterrain. La prohibition américaine amplifie cet écosystème clandestin. La position stratégique de Lacolle en fait un lieu de passage privilégié des contrebandiers.
L'AL CAPONE DU QUÉBEC
Le plus intrépide des contrebandiers québécois est alors Conrad Labelle, qui troque son métier de boulanger pour celui de bootlegger dès le début des années 1920.
Au volant de sa Cadillac blindée, il passe clandestinement en sol américain des milliers de caisses d’alcool… achetées légalement à la Commission des liqueurs. Les douaniers acceptent de fermer les yeux contre 1 000$ par traversée. Les profits sont alors vertigineux! Une seule nuit peut rapporter à Conrad Labelle jusqu’à 80 000$. Flamboyant et sûr de lui, Conrad Labelle dirige un véritable empire, accumule des millions et fréquente Al Capone.
Mais à l’automne 1923, une altercation avec un douanier entraîne son expulsion des États‑Unis.
Sa carrière de bootlegger s’arrête du jour au lendemain. Conrad Labelle choisit alors une vie paisible à Venise‑en‑Québec. Il s’éteint à l’âge vénérable de 98 ans, laissant derrière lui les mystères et les récits palpitants de sa vie de hors-la-loi.
LA BARBOTTE
La barbotte est à l’origine un jeu de débardeurs qui fait vibrer les hangars du port de Montréal dans les années 1930. Le jeu gagne tellement en popularité que la barbotte s’impose peu à peu dans les tripots clandestins dirigés par la pègre.
Les règles sont simples, mais la cadence est envoûtante! Les parieurs, répartis de part et d’autre d’une table, misent sur le résultat de 2 dés.
Les parties se bouclent en moins de 5 minutes. Les joueurs roulent les dés, les ramassent aussitôt, remettent de l’argent sur la table et les roulent encore… Ce tourbillon de vitesse et de hasard électrise l’ambiance!
Le jeu devient si populaire qu’il finit par incarner l’idée même du vice. La barbotte en vient à désigner les maisons clandestines de paris - des lieux où, paradoxalement, ni alcool ni violence ne sont tolérés. Les établissements mobiles, déplacés régulièrement pour échapper à la police, prennent quant à eux le nom évocateur de barbotte volante.
Avec la montée des jeux réglementés, la barbotte disparaît pour devenir un symbole du folklore québécois… que le Ferme du Mihouli recrée pour le simple plaisir de jouer!
Règles de la barbotte
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Un tirage au sort détermine qui commence.
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Le premier joueur lance les deux dés. Il retire de son module de jeu la somme des 2 dés. Un maximum de 2 chiffres peuvent êtes rabattus à la fois. Il continue à jouer tant qu’il peut reproduire la somme avec les chiffres restants. Lorsqu’il n’est plus en mesure de le faire, le total des chiffres encore visibles donne son score.
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Le deuxième joueur fait ensuite la même chose.
Le joueur qui atteint ou dépasse 30 points est éliminé.